Je suis compliquée dans mes relations, j’avoue. Je n’aime que quand c’est pas gagné du tout. J’aime chasser du gros gibier. Mais il est dur à attraper et surtout à garder.
Pour moi, trois catégories existent. Il y a ceux qui rêveraient de m’appeler « chou », les ex qui m’appelaient « chou » et les autres qui n’appelaient pas. Et devinez laquelle je préfère?
Premièrement, il y a les mecs qui donnent des nouvelles et dont je n’ai que faire car il n’y a pas eu «la petite flamme». Ils n’ont pas éveillé en moi l’instinct de traque. Ça ne s’explique pas. J’avoue que ce premier clan, je l’ai un peu malmené. En ne donnant pas de suite aux appels de mes prétendants, je reconnais avoir agit égoïstement en me disant: «Ils paient pour les autres, na!». C’est puéril et de mauvaise foi, je vous l’accorde. C’est une fuite, c’est lâche, c’est moche comme tout mais c’est ainsi. Cependant, j’ai toujours fini par m’en excuser auprès d’eux à un moment. Non, je ne suis pas une vraie méchante, malheureusement pour moi. Je ne fais pas courir exprès. Je n’y arrive pas. Je déteste être courtisée quand je n’ai pas envie de l’être. Quand ils sont déjà apprivoisés, je ne sens juste pas l’intérêt d’essayer. Et quand je m’y force, je suis vite agacée.
Ensuite, la deuxième catégorie comprend ceux avec qui j’ai eu une relation somme toute chaotique. Peur de l’engagement, pas oublié leur ex, trop différent, habitant trop loin, pas libre, pas de temps, pas amoureux…. Bref, il y a une complication, un gros défaut dés le départ. Et ce détail là, il suffit à enflammer la taque de gaz. C’est con mais c’est comme çà.Quand il y a un défi à relever, j’ai l’impression que la victoire n’en sera que plus méritée. Je vois mes histoires comme des conquêtes. C’est ce qui fait que je n ai pas été célibataire toute ma vie et qu’en couple avec moi, on ne s’ennuie pas. Mais j’ai parfois laissé trop longtemps la casserole brûler sur le feu. Après coup, j’ai mis chaque fois un moment à gratter la couche carbonisée pour recommencer un bon petit plat. J’ai dû laisser tremper, grattouiller, frotter mais c’est resté un peu rayé. C’est l’expérience dirons nous.
Enfin, arrive la troisième classification. Celle que certaines appellent le «bad boy», le "toxique foireux», moi, je la nomme «ma douleur exquise». Car il y a un certain masochisme à aimer obtenir quelque chose d’inaccessible. Généralement, cette catégorie d’hommes cumule plusieurs défauts de la deuxième branche décrite ci-dessus. Et pas les moindres. Mais surtout, ceux là déclenchent chez moi un instinct de mâle. Ils sont des proies que je dois absolument posséder et qui j’en suis persuadée, sont indispensables à ma vie. Ils sont mon dodo, ma licorne, mon cheval ailé, mon Loch Ness, mon Graal personnifié. Bref, ils sont difficiles à avoir. Mais quand j’en ai un entre les bras, j’ai à peine le temps de réaliser qu’il est bien là, qu’il est déjà passé.
Parce qu’il faut préciser que par des ruses incroyables, je suis parvenue à toujours les capturer. Et c’est là, juste après cet instant, que la torture commence. Généralement pour ces gaillards là, j’ai l’armement pour les chasser une première fois. Mais je n’ai pas l’armada pour gérer la suite. L’attente de mon gibier devient interminable. Ils se transforment en maitres du suspense et me font languir devant leur terrier, leur caverne, leur lopin de terre isolé, leur clavier. Je me demande du coup si je ne deviens pas trop vite leur 1ère catégorie, si la situation ne s’inverse pas. Pour moi, c’est la plupart du temps plus compliqué que pour la plupart des filles parce que je "psychote » un peu trop pour piger le pourquoi, du comment, du quoi, du que faire,…Du coup, mon meilleur ami me dit régulièrement une chose très vraie:« Certains jours, je n’aimerais pas être toi, tu t’infliges des tortures pour rien! » Et je sais qu’il a raison mais bon….
Mon addiction à commencé à l’adolescence lorsque je dévalais l’escalier quatre à quatre pour décrocher le téléphone en hurlant :« c’est lui, c’est pour moiiiiiiiiii »….pour me retrouver avec ma tante Monique au bout du fil. Je me souviens des après-midi passées à ne pas lâcher-prise et à attendre dans la salon que la maudite sonnerie retentisse. Puis la technologie a permis qu’avec le portable, on ne fasse plus du «surplace». Mais la libération n’a été que physique, pas mentale. Le nombre de « oh%$µ^$ù$^-m=µ$de b….de m…. de s… c…. grrrr…pffff…arfff alors quoi!» que j’ai pu penser!
Parce qu’il faut bien avouer qu’à part le fait de vivre en Papouasie et de passer ses journées à cueillir des gousses de vanille, rien n’empêche quelqu’un d’envoyer un texto. J’ai beau le savoir, je vérifie toujours si j’ai du réseau en regardant les petites barres sur mon téléphone; quand je reçois des messages de mes potes, je peste parce qu’ils ne sont pas de celui dont j’en veux.
En ce moment, j’ai une « douleur exquise » qui m’en fait voir. (Mais je précise que cela ne m’empêche pas de pister des 1ère et 2 ème catégories.) Il joue et ne réalise pas que ça n’est déjà plus une traque pour moi. Je ne suis plus sa proie, ni son chasseur. Je suis au fond d’une cage à attendre qu’il m’en sorte. Je souhaite juste revivre un moment exquis, dépourvu de douleur, l’espace de quelques heures. Tellement le premier était bien. Oui, c’est assez inhumain mais je fonctionne parfois de façon étrange. Je crois que quelque part, j’aime bien ça. Et puis, ce type est vraiment hors du commun. A refaire, je recommence tout pareil: il en valait la peine. Et j’ai l’impression, de toute façon, de ne pas avoir encore vu son clap: « The End ».
Peut-être que je me pose simplement les mauvaises questions. Les hommes et les femmes réagissent différemment. Il faut que j’arrête de chercher des similitudes dans les réactions, on n’est juste pas pareils, c’est tout. Surtout que pour eux, c’est bien souvent plus simple que pour moi!
Ah, que j’aimerais être un homme parfois!
Je savoure l’exquise lecture et je partage …
((
Mais les bad boys restent malheureusement tjs des bad boys … Sf si ils perdent de leur superbe et là douleur et chaussettes sales co les autres
Comment parvenez-vous à partager ? Merci !
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