Il m’est arrivé un truc somme toute assez banal mais que j’ai eu envie de partager.
Un gars, une fille, une rencontre sympa.
Un deuxième rendez-vous: quelques franches rigolades.
Une troisième entrevue: patatras! Il a dit: «Je ne suis pas prêt».
Oh misère, il a osé!
A 48 ans, il l’a prononcée cette phrase qui ne devrait être utilisée que pour informer qu’on ne s’est pas encore douché. Il faut avoir les baloches drôlement placées pour encore la placer cette excuse foireuse.
Avec le temps, j’ai compris qu’il n’y avait qu’une seule option à l’audition de ces mots: se sauver sans demander son reste!
Parce que dans ma jeunesse, je croyais que c’était vrai!
Je pensais qu’il fallait laisser du temps aux pauvres garçons acculés par mon envie de me joindre à eux. Ces incompris qui souffraient terriblement du départ de leur ex, de leur mère, de leur chat ou de leur voisin n’avaient-ils pas droit à un peu de répit pour se remettre de leurs soucis? Ne fallait-il pas veiller à ne pas encombrer leurs cerveaux avec des questions poussées? J’étais conciliante, je devais les laisser se remettre du malaise foudroyant qui les prenaient en entendant le mot «s’engager».
Non. Il ne fallait pas. Il ne fallait pas attendre, ni même espérer. Si je pouvais jouer à «Retour vers le futur», j’irais dire à l’Edina de 20 ans: «Ne cherche pas à comprendre ce qu’il n’y a pas à expliquer. Ces hommes ne sont pas prêts…pour toi. Mais le seront demain pour une autre. Ils n’ont juste pas eu le courage de le formuler par lâcheté ou par crainte de te blesser. Passe ton chemin, ne te retourne pas et prends-en un sur ta route». Je me serais dit aussi lesquels valaient la peine d’être mis dans mon lit, histoire de m’éviter des déceptions…de taille. (Mais ça, c’est une histoire dont je parlerai une autre fois).
Maintenant, je sais ce que cette petite phrase en apparence anodine signifie. Je sais que je dois entendre: «Je ne suis pas amoureux de toi. Je ne pense pas que je le serais un jour. Je pars et ne reviendrais pas. (sauf si à l’occasion tu veux coucher)».
Je n’attends plus Godot comme par le passé. J’ai appris qu’il ne viendra jamais. Et depuis que j’ai perdu cette part de naïveté, je ne suis plus prise de tristesse et je ne me remets plus en question. Je passe à autre chose. Parce que les « papillons », ils n’ont d’intérêt que si ils sont partagés. Quitte à avoir le ventre encombré, autant que ce soit par quelque chose de léger…
excellent Melle Edina avec la maturité vient la sérénité et le plaisir des papillons légers, j’attends la suite de l’histoire ..je suis sûre que cela va devenir passionnant comme vie . Bravo Nath !
De mieux en mieux, "cette phrase qui ne devrait être utilisée que pour informer qu’on ne s’est pas encore douché." J’adore