Dernièrement, j’ai lu une interview d’Inès de la Fressange et j’ai été marquée par une réflexion qu’elle a faite dans l’article.
Elle y explique que lorsqu’elle était plus jeune, elle ne pensait qu’à son futur et à se projeter dans l’avenir. Elle y révèle qu’avec les années, elle avait réalisé que c’était du moment présent uniquement dont elle devait se préoccuper.
Cette lecture m’a fait sourire car je m’y suis retrouvée. Je me souviens qu’à l’adolescence, avec mes compères de l’époque, on s’était abreuvé jusqu’à plus soif du « Cercle des poètes disparus ». On se répétait sans arrêt « carpe diem » mais en réalité, ce n’était pour nous qu’une citation dont le sens profond nous échappait complètement.
À 19 ans, je voulais prendre une voie artistique mais la peur de ne pas avoir de débouchés m’a bloquée. Je me suis donc inscrite à l’Université en me disant que comme ça, je ne finirai pas Dame Pipi dans les soirées d’étudiants.
Jusqu’il y a peu, je passais tout mon temps à essayer de me rassurer. L’avenir étant incertain, il était dans ma tête forcement inquiétant. Je voulais tout planifier, tout connaitre, tout contrôler. Du coup, je ne profitais de rien car j’étais en permanence tracassée par l’« après ».
Par exemple, en partant faire un jeu d’aventure en mer, je me suis retrouvée à avoir un nœud dans le ventre et le visage fermé pendant toute la traversée car je me suis torturée sans arrêt en pensant que je pouvais être éliminée le jour d’après. Si j’avais pris les choses avec moins de gravité, pour sûr, j’en aurai bien plus profité!
J’avoue, je ne suis pas encore totalement débarrassée de ces vieilles habitudes mais j’y travaille.
Je ne cherche plus à déterminer le contenu des soirées que je vais vivre dans un mois. Je crois que si j’ai toujours voulu savoir ce que j’allais faire de mes journées lointaines, c’est parce que j’ai pensé tout un temps que ça signifiait pour les gens que j’aime qu’il y avait un après avec moi.
J’ai fini par comprendre que ce n’était pas en me mettant la pression que j’obtiendrai le meilleur de moi. Au contraire. Je sais que je peux désormais vivre sans faire de plans sur la comète et que si je prends le temps, je ne le perds pas forcément. À force, je suis un peu plus sereine depuis que je profite des moments que je vis. Et ça tombe plutôt bien car mon présent n’a jamais été aussi beau qu’aujourd’hui.
