Petite fille, alors que mon cœur était rempli d’amour pour une faune aussi nombreuse que variée, je collectionnais les déconvenues. Ma mère, vite lassée par les contraintes engendrées par la possession d’un animal, avait la fâcheuse et lâche tendance de s’en débarrasser quand j’avais le dos tourné. C’est ainsi que lorsque je revenais de l’école, je devais faire face à la disparition soudaine de mon chat/lapin/chien/canard/perroquet ou cochon d’Inde. Seul mon poisson rouge aux yeux globuleux trouvait grâce à ses yeux. Mon attachement pour le règne animal se trouvant sans arrêt bafoué, j’ai fini, par la force des choses, par devenir insensible sur le sujet.Enfonçons le clou. Avec les années, je suis également devenue trichophobe. Pour faire plus simple, je ne supporte pas les poils. Mais c’est à nuancer car ils ne me dérangent que s’ ils ne sont plus attachés au corps de l’être vivant auquel ils appartenaient.
Je ne peux donc sous aucun prétexte m’asseoir dans un canapé où sont abandonnées ces productions filamenteuses qui me révulsent.Ces deux raisons font que d’une manière évidente, je n’ai pas d’animaux à la maison.
Mon animosité a parfois pris de drôles de proportions.
Vendredi Confession.
Je ne suis pas très fière de vous dévoiler ma cruelle nature mais tant pis, assumons.Il y a quelques années, je sortais avec un garçon qui possédait un chaton qui passait ses nuits à me planter ses griffes dans les pieds. J’étais d’ailleurs la seule qu’il agressait sauvagement de la sorte. Quand j’osais le mettre hors de la chambre, il miaulait toute la nuit derrière la porte.
Un beau soir, il n’est pas rentré à la maison. Pendant que mon ex se lamentait sur la perte de son chat, je jubilais intérieurement et me disait qu’enfin, il y avait une justice. Gniark, gniark, partiiiii le petit chat ! Tralalalalalère, il n’est plus làààà !
Les jours passaient et je savourais ma tranquillité retrouvée. Jusqu’à ce qu’une copine me raconte avec bonheur qu’elle venait de voir une annonce chez son vétérinaire et qu’elle pensait qu’il s’agissait du chaton en question qui avait été récupéré.
Et là, je ne sais pas ce qui m’a pris mais je lui ai dit que c’était vraiment le truc le plus ignoble qu’une amie m’avait fait jusqu’à présent, que c’était une véritable trahison de sa part, le pire des coups bas !Mon meilleur ami (encore lui, mais comme on dit, qui se ressemble…) a un jour largué une de ses conquêtes en prétextant une allergie subite à son chat et en lui suggérant de s’en faire des moufles pour affronter l’hiver.
Mais ne pensez pas que nous sommes sans cœur. Non, nous sommes juste comme la WWF ou Greenpeace. Nous pensons que la place des animaux est dans la nature. J’adore quand les lions sont dans la savane, les vaches dans les prés ou les chiens (très) loin dans leur niche au fond du jardin.
Par contre, quel que soit l’endroit où se trouvent les chats, même juste en photos sur facebook…je ne peux pas.De toute façon, le seul animal qui fait réellement fondre mon cœur de ménagère de moins de 50 ans est le panda. Hors, jusqu’à preuve du contraire, celui-là n’est pas vraiment de compagnie….
C’est pourquoi, j’ai décidé que je n’ouvrirai mon âme aux bestioles en tout genre que le jour où ce dernier pourra résider dans mon jardin, qu’il passera ses journées à mâchouiller du bambou et à faire des cumulets dans mon allée pendant que je lui ferai des guilis.
Parce que oui, le panda, sous ses airs bonhommes, est acrobatique et vous prend dans ses bras quand vous êtes triste.
…
Non, je n’écoute plus Chantal Goya… Pourquoi ???
Un panda sinon rien!
12 Vendredi avr 2013
Publié in Les délires
